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29 janvier 2013 2 29 /01 /janvier /2013 15:22

 Ce qui compte ce n’est pas tant le travail que l’on fait, ce qui compte c’est d’arriver à se sortir de l’aliénation de celui-ci, d’élever son esprit  et de surpasser sa condition. Ce qui compte c’est de réussir à élever son travail au rang d’art, de le maitriser au plus haut point afin de le sublimer et de susciter l’admiration.

 

Ce faisant on triomphe de l’aliénation et on se libère, on peut atteindre l’art et la beauté artistique dans son travail. Les exemples dans la culture asiatique sont très nombreux, du contrôleur de métro aux gestes parfaits, au chef cuisinier spécialiste de ramen.

 

On peut aussi citer le repasseur professionnel capable d’acrobatie exceptionnelle avec son fer, l’ouvrier à la chaine chargé de remplir des jeux de cartes qui arrive à une maitrise incroyable dans la manipulation et le remplissage des paquets, tout comme le serveur au guichet du combini parfait dans sa politesse et dans sa façon de rendre la monnaie. Le travail ne les domine plus, ils dominent leur travail. 

 

Chaque travail devient alors aussi noble et respectable qu'un autre.
12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 14:33

 

En ce moment, je n'entends parler que du déficit français. D'un coté, il était temps ! De l'autre il me semble que encore une fois tout le monde analyse ce problème avec sa propre vision politique. Les argumentaires de droite, de gauche ou du milieu se focalisent sur des détails.

Alors je me suis dis : "Allons donc chercher les données et regardons en graphique d'où vient le déficit français"

 

Le premier graphique présente les recettes vs les dépenses de toutes les administrations publiques françaises (c'est cette balance qui va faire que la France soit dans l'obligation d'emprunter ou non pour financer son budget).

 

D'abord en valeur pour se faire une idée de l'échelle de grandeur du PIB du pays et du montant des recettes vs dépenses, puis en % du PIB pour se rendre compte de leur évolution au fil des ans.

 

 deficit france 1

  en milliards d'euros (100milliards d'euros de déficit en 2011 pour 1100miliards de dépenses)

 deficit france 2

 

Comme on peut le constater, la France est en déficit depuis 1975, droite ou gauche, la différence est bien minime.

A partir de ces années les dépenses augmentent plus vite que les recettes. Celles ci sont à peu près stables par rapport au PIB.

Allons donc voir du coté des dépenses quels sont les postes qui ont augmenté et provoqué ce déficit permanent.

 

Le graphique ci-dessous montre le détail des principaux postes de recette et de dépense dans le budget des administrations publiques (recette en pointillé, dépense en trait continu).

Il est assez facile de remarquer que ce sont les dépenses de prestations sociales qui sont la cause principale de l'augmentation des dépenses. Elles passent de 17% en 1959 à 31% en 2010 (toujours en % du PIB) prestations sociales 1

 

 

 Allons maintenant voir dans le détail des prestations sociales (pour la petite histoire on peut voir que les dépenses liées aux intérêts sont négligeables par rapport à l'augmentation des dépenses de prestations sociales, dommage pour les partisans de la monnaie privé qui asphyxie l'Etat ou de l'emprunt à 0%)

 prestations sociales 2

 

 

  Le dernier graphique est sans appel, le déficit vient de l'envolé des dépenses liées à la vieillesse (pension de retraite) et dans une moindre mesure à la maladie (assurance maladie). J'ai bien sûr un peu l'impression de redécouvrir l'eau chaude, on est un pays qui vieillit et le financement de ce vieillissement n'est plus assuré.

 

  On peut s'amuser à remarquer la stabilité, voir la régression des dépenses liées aux pauvres et aux assités (logement, famille, chomage, aides diverses), au final, le montant se trouve ridicule face à l'envolée des dépenses des retraites. On peut encore plus s'amuser en voyant le saut de ce poste de dépense en 2009, je crois me souvenir d'une réforme qui était supposée permettre au moins une stabilisation des dépenses....

 

  Et donc après ces quatre graphiques qu'a-t-on montré ? Simplement que le problème du déficit français vient avant tout de son système de retraite dans une population viellissante où les baby boomers commencent à se transformer en papy boomers. Cela fait donc 30 ans que nous finançons les pensions de nos retraités avec de l'emprunt.

 

Voilà pour le constat objectif, il sera intéressant d'aller voir dans le détail ci possible des postes de dépense pour les catégories viellesse-survie et maladie, ce que j'essayerai de faire plus tard.

  Pas bête, je sens aussi venir le coup du "oué mais les régimes spéciaux de retraites ça coutent des milliards" alors j'ai aussi été regarder (je ferai probablement un article détaillé la dessus aussi).

 

   Les régimes spéciaux de retraite ont besoin d'environ 8 milliards de financement chaque année. La raison principale est très simple, il n'y a plus assez de cotisants pour payer les retraites (qui au vu des effectifs sont loin d'être fabuleuses). 8 milliards vu les montants en jeu, c'est vraiment pas énorme, en alignant ces retraites sur le privé, on doit pouvoir économiser dans le meilleur des cas environ 1 ou 2 milliards (et encore je n'en sais rien), on sera toujours très loin de résoudre le problème d'un déficit de 100milliards par an.

 

Exit donc les solutions à base de "virons les étrangers, la création monétaire privée c'est le mal, les assistés coutent trop cher, y'a trop d'aides, les controleurs à la retraite font chier etc...", la réalité c'est que ce sont les retraités qui coutent cher (et je les soupçonne en plus d'être responsable de la montée des dépenses de l'assurance maladie).

 

Et nous voilà face à un choix de société, un vrai choix politique. Soit on baisse les retraites, soit on augmente les recettes, soit.... bah non y'a pas trop d'autres choix en fait, alors quelles retraites doit-on baisser et quelles recettes faut-il augmenter ? La question est vaste mais on peut au moins retenir une chose. Les efforts qu'on va devoir faire ou la baisse de niveau de vie qu'on va subir, ce sera pour financer les pensions de nos parents et grand parents.

 

 

 

 

13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 14:00

  Un argument que l'on entend souvent pour expliquer le déficit commercial français est que le coût de la main d'oeuvre est trop important pour les entreprises dans notre pays par rapport aux autres (comme l'Allemagne). Il faudrait donc réduire ce coût pour qu'elles soient plus performantes dans le commerce international. Vaste débat, bien souvent rempli d'aprioris idéologiques à base d'employés fainéants, d'Etat racketteur et de patrons assoiffés d'argent  Mais que disent les chiffres ?

 

 

  Par chance une récente étude de l'INSEE a pour sujet une comparaison des coûts de la main d'oeuvre au niveau européen de 1996 à 2008.

http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/ref/EMPSAL12e_D3_CMO.pdf

 

 

Commençons par le commencement et définissons le coût de la main d'oeuvre :

    Il s'agit de l'ensemble des dépenses qu'encourt l'entreprise pour l'emploi d'un salarié

 

  salaires brutes + cotisations sociales + frais de formation + taxes sur les salaires + tous les frais annexes - subventions

 

 

Ci-dessous les tableaux recapitulatifs par secteur d'activité.

 

 

cout salaire

 

 

 

 

  En analysant naïvement ce tableau, on pourrait donc dire que plus le coût de la main d'oeuvre est élevé, plus le pays s'en sort bien économiquement... Evidemment ça serait stupide, par contre ce qui l'est moins c'est de voir que le coût du travail en France est inférieur dans l'industrie à celui de l'Allemagne (et très proche dans les services marchands mais ils comptent beaucoup moins dans la balance commerciale). Hors l'Allemagne est un exemple de réussite commercial dans le domaine industriel.

 

 

      En fait, le résultat est sans appel, le cout de travail n'a rien à voir avec les exportations des pays et leur réussite économique. Il n'est au mieux qu'un facteur marginal influant sur la compétitivité économique d'un pays développé. Vouloir absolument jouer là-dessus ne résoudra donc rien tout en déformant le partage de la production des richesses au profit des détenteurs de capitaux et au détriment de l'efficience économique (je vais finir par devenir marxiste).

 

 

  Intéressons nous à l'évolution de ce coût. En 1996, l'Allemagne avait le coût du travail  le plus élevé d'Europe dans l'industrie manufacturière. Ce coût a augmenté un peu moins vite sur la période 1996 - 2008 que dans les autres pays, il n'empêche que sur cette période l'Allemagne s'est retrouvée régulièrement à la première place des exportateurs internationaux.

 

 

 

On pourrait dire "oui mais ce qui compte pour l'entreprise c'est le coût de l'employé par rapport à sa productivité". Et ça serait très juste. On parlera alors de "coût salarial unitaire".

 

Par exemple en Grèce, sur la période 1996 - 2008, la productivité a très peu augmenté alors que le coût de la main d'oeuvre explosait provoquant une augmentation importante du "coût salarial unitaire" et expliquant en partie ses problèmes actuels.

 

    En revanche, pour la France et l'Allemagne, le coût salarial unitaire est très proche et a baissé sur la période 1996 - 2008 d'en moyenne -0.5% à -0.7% chaque année. Autrement dit, la productivité des employés de ces deux pays compensent très largement le coût de la main d'oeuvre, et ça n'est donc pas sur ces critères que l'Allemagne réussit mieux que nous.

 

   Au passage, il est important de remarquer qu'en France, le "coût du travail unitaire" a baissé majoritairement sur la période 1996 - 2000, pendant le passage aux 35h. Ce qui veut dire qu'il est clairement faux de dire que les 35h ont plombé les finances des entreprises françaises.

 

 

  La seule vraie différence que l'on peut sortir de cette étude de l'INSEE par rapport à l'Allemagne porte sur le coût du travail par taille d'entreprise. En Allemagne le travail coût bien plus cher dans les grandes entreprises que dans les petites, c'est aussi le cas chez nous mais dans une moindre mesure. Une bonne idée serait de rééquilibrer ce coût pour soulager les petites et moyennes entreprises.

 

 

cout-par-taille.jpg

 

 

 

 

 

 

Mais si notre manque de compétitivité ne provient donc ni du coût du travail pour les entreprises ni de notre productivité, d'où provient-il alors ?

 

 

 Opinion personnelle :

 

  J'ai bien peur que la réponse soit plus complexe et longue à mettre en place que les paramètres analysés ci-dessus car il faut aller regarder du coté de la compétitivité hors prix. C'est à dire les décisions stratégiques, la qualité des produits, la recherche et l'innovation, l'image des marques etc... En se focalisant sur la compétitivé prix, on se focalise sur du court terme au détriment de ces éléments qui demandent des politiques et des stratégies d'investissements à moyen/long terme et une main d'oeuvre qui fasse partie de l'ensemble au lieu d'en être la variable d'ajustement.

 

 

Bref pour résumer "on est mauvais" :

- mauvais dans nos dirigeants et nos élites économiques qui ont fait des choix stratégiques non payant (ou n'ont rien fait du tout pour la plupart d'ailleurs)
- mauvais dans l'innovation et le renouvellement du tissu économique
- mauvais dans la culture d'entreprise, son fonctionnement et les relations salariés/management


Ce ne sont pas des choses faciles à changer car cela demande des politiques qui se focalisent sur une vision à long terme, investissent dans les secteurs d'avenirs et arretent de se focaliser sur des problèmes qui n'en sont pas.

 

5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 16:35

 

"Anonymous", ce mot est en train de passer dans le langage courant et fait maintenant partie de notre culture générale. Mais, à la vue des nombreux sujets qui commencent à en traiter dans les médias, des articles de presse et commentaires, pas grand monde ne comprend réellement de quoi il s’agit.

 

Je propose donc de revenir aux origines afin d’expliquer les références et symboles de ce mouvement.

 

Tout d’abord, une image vient directement à l’esprit lorsqu’on évoque Anonymous, c’est le masque blanc emblème du mouvement. Ce masque est le masque de Guy Fawkes et est porté par le héros révolutionnaire du comics « V pour Vendetta » .

 

Masque-solo.jpg 

On peut dire que tout part de là.

 

 

Qui est Guy Fawkes ?


Guy Fawkes est un anglais qui a vécu de 1580 à 1608. Il est connu pour avoir été arrêté alors qu’il s’apprêtait à faire exploser (à l’aide d’une quantité impressionnante de barils de poudre dissimulés dans la cave), la chambre des Lords du palais de Westminster pendant la session du parlement.

Pas trop besoin de s’attarder là-dessus, mais si cet attentat (la conspiration des poudres) avait réussi, il aurait tué une bonne partie de l’aristocratie anglaise de l’époque d’un seul coup.

 

Quel rapport avec le comics « V pour Vendetta » ?


L’histoire se passe dans un futur proche, dans une Angleterre fasciste et totalitariste. Le héros du comics se révolte contre l’Etat et par ses actions terroristes permet au peuple de renverser le pouvoir. Il est toujours affublé du masque de Guy Fawkes qu’il admire car il représente pour lui le symbole de l’individu qui s’élève contre le pouvoir illégitime en place.

 

Le comics est une ode magnifique à la justice et la liberté et possède de nombreux passages marquants.

 

-          Le dialogue avec la statue de la justice présente à Old Bailey dans Londres

Lors de cette scène, V s’adresse à la statue de la justice qu’il s’apprête à faire exploser. 

Il lui dit qu’il a toujours eu de l’attirance pour elle, pas comme une passion passagère d’adolescent ou pour son physique, mais profondément et pour l’idéal qu’elle incarne.

Ici on pourrait même penser qu’il sous entend clairement qu’à l’opposé, le pouvoir en place ne se soucie d’elle que pour son physique et donc ne l’utilise que pour son image

 

« Mais, dit-il à la justice, tu es une trainée qui m’a trompé, car tu as succombé à ton penchant pour les mecs en  uniformes. J’ai quelqu’un d’autre dans ma vie maintenant, elle s’appelle Anarchy et elle m’a appris bien plus que tu ne l’as jamais fait. »

« Elle m’a appris que la justice ne veut rien dire sans la liberté. Elle est honnête et ne fais pas de promesses. »

La justice à laquelle il s’adresse n'a plus rien d'une justice, elle n'est que l’ordre moral de la société totalitaire en place. Il s’est donc tourné vers l’anarchie pour trouver la force de la renverser et restaurer une justice authentique.

 

-          La mort de V

V meurt, mais V n’existe pas vraiment , V est une personnification. V est une idée, un idéal. Son masque est le rempart sous lequel n’importe quelle personne peut se réfugier  afin d’échapper à l’inquisition d’un pouvoir oppresseur qui est capable d’enregistrer toutes les communications et fichent les individus. L’anonymat comme garanti de la liberté et comme force car il réduit les individus au rang d’idéal.  D’où le slogan d’Anonymous « We are Legion »

V meurt, mais V est remplacé. 

 

La vision de V, c’est l’anarchie comme arme pour détruire un pouvoir totalitaire moderne, destruction dont il s’ensuivra une phase de chaos,  condition nécessaire à la possibilité de bâtir une société nouvelle.  C’est l’opposition entre la liberté vue comme la base fondamentale de la justice authentique et la liberté vue comme une menace pour le confort paresseux, voir le bonheur, d’une vie en cage.

 

Ce comics a été adapté en film en 2006, film qui mérite largement le visionnage, et de là, s’est démocratisé dans la culture internet. Cette histoire trouve évidemment un écho assez important au vu de la situation vers laquelle se dirige nos sociétés actuelles, avec des gouvernements qui se servent des nouvelles technologies pour effectuer une surveillance et un fichage de plus en plus poussés de leur population.

 

Internet, qui est un espace qui s’est construit de manière anarchique (dans son sens premier) est évidemment le lieu où les individus sont les plus sensibles à ces dérives, de part leurs connaissances des technologies et leur adhésion à un mode de fonctionnement décentralisé, anonyme et libre.

 

Tout comme V, Anonymous n’existe pas. Il est la bannière dont n’importe qui peut se servir pour réclamer la justice sans risque d’être fiché voir appréhendé par un pouvoir totalitaire. Définir Anonymous n’est pas définir une organisation ou une mouvance, c’est comprendre les idées et les idéaux pour lesquelles les personnes utilisant le masque de Guy Fawkes agissent. Anonymous est la culture lulz d’internet mise au service d’une justice authentique. C’est l’anarchie comme réponse à la surveillance généralisée et c’est la liberté comme opposition au contrôle permanent.  

 

22 novembre 2011 2 22 /11 /novembre /2011 19:19

Les élections de 2012 approchent en France, la campagne présidentielle est lancée. C’est une bonne occasion de faire le point et de dresser un constat/bilan des déséquilibres profonds à l’œuvre actuellement dans l’organisation de l’économie mondiale.

 

Je vais partir de la lecture d’une publication de Patrick Artus pour la recherche économique de Natixis afin de prendre un peu de recul sur les problèmes que rencontrent nos économies et qui ont été non pas provoqués mais révélés par la crise financière de 2008. 

 

Cette publication s’intitule « une lecture marxiste de la crise » et est disponible sur le lien ci-dessous.

http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=51136

 

Je vous en recommande d’ailleurs la lecture, c’est assez intéressant même si on peut ne pas être d’accord sur tout et que ça n’est pas très détaillé.

Il ne faut bien sûr pas y voir une conversion à la doctrine marxiste juste une tentative d’analyse de la crise que nous connaissons selon une grille de lecture marxiste. Force est de constater que les arguments trouvés tiennent la route.  

 

Analyse que je trouve très intéressante. Pourquoi ? Parce qu’elle va plus loin que l’interprétation lambda consistant à dire « il y a eu un problème avec les subprimes, ça a fait plonger la finance mondialisée, les pays sont surendettés ».

 

On peut certes voir la crise comme la simple résultante d'une finance qui est parti en live aussi bien au niveau des prêts immos que des marchés financiers (d'ailleurs ça sera plutôt les marchés financiers et les banques d'investissement que le marché immobilier et ce sont les lobbys financiers qui ont poussé à la déréglementation). Mais c'est avoir une vision que je trouve très réductrice de la situation actuelle. 

 

 

La crise des dettes des Etats n'est reliée à la crise de 2008 que parce que cette dernière a accéléré des déséquilibres et un effondrement inéluctable vers lequel nous allions déjà.

 

 

Je m'explique, le niveau de dettes des Etats ne parait insurmontable que parce que la confiance a disparu. Il est totalement subjectif. Ca ne dérangeait personne avant 2008 que des Etats empruntent pour rembourser leurs dettes. Un Etat ne fait pas faillite c’était bien connu et c’est qu’on apprenait dans les cours d’économie et de finance. « Le taux auquel emprunte un Etat peut servir de taux sans risque de référence car c’est l’investissement le plus sûr possible, un Etat peut toujours rembourser ». 

 

La crise financière de 2008 n'est que le symptôme de déséquilibre profond au sein de nos économies et d'un schéma de croissance qui a été inventé comme solution aux problèmes économiques des années 70 mais qui arrive à essoufflement. Ce qui revient à dire qu'il est toujours après coup aisé de trouver des causes à l'effondrement du château de cartes, il ne reste pas moins qu'il s'agit d'un château de cartes à la base et que le vrai problème est là. On peut blâmer le crédit trop important, la finance folle, mais ils s'agissaient de conditions sine qua none à la continuité de la croissance économique.

 

En ceci, "l'analyse marxiste de la crise" a ceci d'intéressant, c'est qu'elle recherche des causes plus profondes à nos problèmes économiques. On peut corriger tout ce qu'on veut en finance ou sur l'octroi des crédits, on sera toujours en crise et ça ne nous fera pas renouer avec la croissance.

 

Pour être un peu caricatural, depuis 30 ans nous faisons de la croissance grâce à un endettement de plus en plus important, privé et public, c'est non seulement non durable mais aussi "virtuel". Boom de l'endettement et du crédit qui vont de pair et s'autoalimentent avec le boom du secteur financier.

Ces deux aspects ont permis pendant 30 ans de résoudre les déséquilibres de nos économies capitalistes.

 

Déséquilibres que nous allons lister :

 

au niveau de la consommation

 

- une stagnation, voir régression des salaires dans la part de la valeur ajoutée à l'avantage de la rémunération du capital (l'article de Patrick Artus y voit comme cause la compensation de la baisse théorique des taux de profits, perso j'en m'en fous, ce qui importe c'est le fait) : cf image à la fin de l'article

- c'est bien pire qu'on peut le penser, car une bonne partie de la hausse des salaires a été absorbée par les haut salaires et la finance, ie le salaire médian n'a pas suivi la hausse de la productivité)

- profitant de la mondialisation et des paradis fiscaux, les hauts revenus ont explosé et ont été de moins en moins taxés (aussi bien officiellement par des impôts de plus en plus bas que officieusement par le recours massif aux paradis fiscaux)

- c'est aussi le cas des profits des entreprises ce qui représente des manques à gagner gigantesques pour les Etats (dans mes souvenirs, on retrouve 5 paradis fiscaux dans le top 10 des pays où les entreprises américaines déclarent le plus de profits)

- une tertiarisation des emplois dans les pays développés qui a fait exploser les temps partiels et autres demi-emplois qui servent de cache-misère pour les statistiques

 

au niveau de la production :

 

- une industrialisation massive dans pays en voie de développement qui sont devenus les ateliers du monde

- une hausse de la productivité sans précédente dans l'histoire du fait de la robotisation massive et du développement des nouvelles technologies

- des investissements en forte hausse dans le tiers-monde et au moins constant dans les pays développés

 

au niveau de la mondialisation

 

- le modèle de développement des pays pauvres basés sur les exportations fait que les pays développés doivent consumer de plus en plus, ce qu'ils ne peuvent faire qu'en s'endettant car les salaires de la grande majorité n'augmente plus que de manière non significative

- le modèle de développement des pays pauvres basés sur les exportations ne suffit pas à développer rapidement le marché intérieur de ces pays, il faut une volonté politique derrière, chose très rare

- la productivité est telle que les pays comme la Chine sont capables de produire pour le monde et pour leur demande intérieur à la fois et moins cher que nous = nous ne profiterons jamais de leur marché intérieur, impossible à concurrencer sauf à se mettre à leur niveau

- une guerre monétaire où personne n'est à armes égales et qui empêchent le réajustement "naturel" des balances commerciales (un déficit commercial fait baisser la valeur de la monnaie par rapport aux autres, ce qui provoque un avantage concurrentiel qui va permettre de réduire le déficit commercial)

 

 

 

En plus de réformer complètement le fonctionnement de la finance mondiale, ce sont tous ces déséquilibres qu'il faudrait résoudre pour que nos économies puissent repartir (et encore on ne parle même pas écologie là).

  Le point le plus important est de bien se rendre compte que les trente dernières années ont vu une explosion de la production et de l'offre dans des pays où les salaires des classes pauvres et moyennes n'ont que très peu augmentés. Une "idéologie" de l'endettement c'est donc développé pour répondre à ce besoin et ont rendu extrement fragile nos économies tout en ne faisant que reculer le moment où il faudra faire face à ces problèmes.

 

Moi je n'ai pas de solution pour l'instant alors je vais juste demander aux 1% qui se gavent d'arrêter parce que ça commence à bien faire.

 

 

http://img600.imageshack.us/img600/364/salaires.png

 

18 février 2009 3 18 /02 /février /2009 13:48
Pourquoi faire un article sur la méthode hypercritique ? Tout simplement parce que c'est le type d'argumentaire le plus répandu sur Internet sur les sujets traitant des complots. C'est un procédé argumentaire permettant de tordre la logique et la rationalité dans le sens que l'on souhaite.

Dans méthode hypercritique, il y a "hypercritique", terme qui signifie bien ce qu'il veut dire, c'est à dire que le principe de la méthode hypercrtique est de prendre une théorie et d'en critiquer les détails peu importants en occultant l'essentiel et les preuves les plus importantes. Le but est d'arriver au schéma suivant :

- certains détails sont peu clairs, pas vraisemblables, à l'encontre du bon sens, voir contraditoires
- c'est "troublant"
- donc toute l'explication est fausse
- donc ceci réfute l'explication

La méthode hypercritique est une grande source de pollution et débats sans fin sur les forums internet car elle force à se focaliser sur une explication longue et fastidieuse de détails dont tout le monde se contrefous et noie la discussion sous un flot d'affirmations et de questions auquel il est très long et quasi-impossible de répondre de manière exhaustive.

Elle a été fortement répandue par les négationnistes afin de nier l'existence des camps d'exterminations nazis. L'un des exemples les plus frappants du fait qu'elle permet d'affirmer n'importe quoi est disponible ici >>> link  où l'auteur démontre avec brio et logique que le débarquement en Normandie était tout simplement impossible.

On retrouve la même chose à quelques différences près sur le 11 Septembre : il est impossible qu'une bande de barbus armés de cutters et ayant appris à piloter sur Flight Simulator soient capable de détourner des avions et de les crasher sur des cibles définies. Et pourtant, comme pour le débarquement,  la faible probailité supposée de la chose, est probablement  une des raisons qui ont permis de le faire.
Vous retrouverez d'ailleurs l'utilisation de ce procédé argumentaire sur tous les sujets traitant de complots, normal. Le 11 septembre étant un exemple à la littérature répandue et regorgeant de raisonnements hypercritiques.

Les utilisateurs de la méthode hypercritique se cache derrière l'utilisation de la pensée critique. Mais c'est une utilisation totalement abusive du bon sens (qui n'a d'ailleurs qu'une valeur relative de raisonnement comme je l'expliquais dans mon premier article Du bon usage d'Internet) et du doute cartésien. Et ce, d'autant plus que les utilisateurs de cette méthode ne l'applique que dans le sens qui les arrange et jamais vis-à-vis des théories qu'ils défendent.
Published by Bahal - dans Internet
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6 janvier 2009 2 06 /01 /janvier /2009 17:59
Internet et les geeks ont leur propre culture et leurs références, les lolcatz en sont un bon exemple mignon et hilarant.
Un lolcat est une image d'un chat agrémenté d'une phrase commentaire écrite avec l'accent chat et à portée humoristique.

Tout repose sur le décalage ('cule un mouton pour les connaisseurs) entre l'image du chat et la légende lui portant des pensées humaines et sournoises (c'est toujours sournois et intéressé un chat).

Le phénomène lolcat a pris de l'ampleur à partir de l'année 2007, le premier lolcat historiquement reconnu est resté fameux pour son "I CAN HAS CHEEZBURGER" et daterait de 2005.



Aujourd'hui une multitude d'images existe, on y retrouve beaucoup d'humour anglais et des zimages très zolies de chats dans toutes les situations et faisant de nombreuses références assez geeks en général.























































En conclusion ? Euh pas grand chose, les lolcatz c'est drôze (et pas moi).
Published by Bahal - dans Internet
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5 décembre 2008 5 05 /12 /décembre /2008 05:39
Une statistique marrante vue il y a peu sur Internet
 
 
10430-copie-1.jpg 
 
 
Ceci met clairement en évidence quelque chose dont le monde entier se doutait. Les gens intelligents votent Barack Obama.
C'est déjà pas mal, mais cette statistique avait déjà été faite en 2004 et le résultat est de même sans contestation possible.





Les régions avec le plus haut QI votent démocrate de manière écrasante. De là à dire que les républicains sont stupides, il n'y a qu'un pas.

  De manière plus sérieuse ces chiffres sont aussi intéressants dans la mesure où au vu des scores des régions ce sont les régions les plus riches, les plus urbanisées et les plus ouvertes sur le monde qui arrivent en tête. Comme quoi le score mesuré par le QI comporte aussi une bonne partie d'acquis qui va dépendre de l'environnement dans lequel la personne évolue et de la richesse culturelle dont elle va disposer. Et ce n'est pas un hasard si les états américains qui votent démorates sont les états qui sont intégrés à l'espace monde. Les états du centre, plus enclavés, plus repliés sur l'Amérique, sont eux majoritairement républicains.

  C'est donc en fait plutôt l'environnement culturel qui est déterminant (en raisonnement de manière globale) dans l'orientation politique et dans la forme d'intelligence mesurée par le QI. D'autant plus que ces régions urbanisés, riches et ouvertes sur le monde attirent les meilleurs "cerveaux" des autres régions et qu'elles profitent de meilleurs systèmes éducatifs. 


17 novembre 2008 1 17 /11 /novembre /2008 19:33
L'URSS était différente de ce que Marx attendait de la révolution communiste, néammoins ses dirigeants étaient loin d'être des imbéciles et ont tenté pendant un demi-siècle de faire fonctionner une économie planifiée.
Et c'est très intéressant car c'est un formidable exemple de ce qu'il faut faire ou ne pas faire afin d'aboutir à une efficience économique.



L'Etat organise et dirige toute l'économie, il controle donc l'ensemble de la production et de la distribution et fixe les objectifs à atteindre dans les différents secteurs d'activité. La planification de l'économie est administrée depuis Moscou par le Gosplan et les ministères, elle se fait sous la forme de plans quinquennaux. Les régions ainsi que les entreprises n'ont donc aucun pouvoir.
Les activités de base (industries lourdes) reçoivent la majorité des investissements au détriment des biens de consommation et de l'agriculture.


   Ce mode de gestion centralisé et ne tenant aucun compte des réalités  individuelles et du marché est responsable des dysfonctionnements profonds de l'économie soviétique.


"Le Gosplan planifie environ 6000 groupes de produits. Cela correspond au 4/5 des productions totales. Les ministères à leur tour détaillent ces plans pour 40 à 50 000 positions. Le Gossnab répartissant la production des entreprises envers leurs clients, attribue des bons pour 1 millions d'articles (nbrs d'articles produits dans le pays : environ 25 millions). Il est illusoire de supposer une informatisation convenable du processus de planification qui puisse englober un jour l'ensemble des productions. Un mathématicien soviétique a calculé que le plus puissant des ordinateurs mettrait 30 000 ans à résoudre un modèle de planification impliquant la production de cette masse de biens." M.Lavigne, Les Soviétiques des années 80.



- la banque d'Etat (Gossbank) reçoit tous les profits réalisés et est le seul dispensateur de crédit aux entreprises agricoles et industrielles.
Les prix sont fixés par l'Etat qui ne tient pas compte du fonctionnement des entreprises. Les moins productives sont autorisées à travailler à perte.


- les approvisionnements sont assurés de manière centralisée par le Gossnab ce qui était à l'origine de très fréquentes pertes de temps et erreurs de livraisons.


- la production n'a pas de relation avec la demande du marché, les entreprises fabriquent des produits invendables ou de mauvaises qualités car elles se contentent de rentrer dans les objectifs fixées par le Gosplan à partir d'indicateur physiques comme le tonnage. Ainsi Iman Kirtowsky nous donne l'exemple d'une entreprise en règle avec le Plan mais ne produisant qu'un modèle unique de casseroles de dix litres. Sans compter le fait qu'un tiers des contrats signés par les entreprises n'étaient pas honorés.


- les industries du groupe B (biens de consommation) reçoivent moins de 10% des investissements ce qui provoque une pénurie permanente de voitures, d'appareils électroménagers... Une voiture moyenne coute 36 mois du salaire moyen, un canapé presque un mois de salaire... Ainsi en 1982 il y avait une voiture particulière sur 33 en URSS contre 1 sur 2 aux USA.


- de même que les biens de consommation, l'agriculture a été sacrifiée (à la mort de Staline le niveau de production est à peine supérieur à celui de 1913). Les paysans ayant au départ soutenu la révolution sont hostiles au régime et consacrent la plupart de leur temps et de leurs efforts à leur lopins privés (dvors) accordés par Staline en 1935 afin d'éviter de plus graves pénuries alimentaires. Les paysans peuvent vendre la production de ces lopins sur le marché kolkhozien (marché libre). Cette production représente en 1937 25% de la production agricole nationale alors que les lopins privés ne représentent que 4% des superficies cultivées.


- le manque de motivation est aussi criant dans l'industrie où les faibles rénumérations et l'impossibilité d'initiatives privées provoquent une sorte de "droit à la paresse". Ce manque de motivation se manifeste par l'instabilité (20% des actifs changent chaque année d'emploi et la durée de séjour d'un travailleur dans une même entreprise n'excède pas 3ans), l'absentéisme et l'alcoolisme. Ainsi selon le journal Les Izvestia, l'absentéisme fait perdre 125 milliards de journées de travail en 1982, ie l'équivalent du travail annuel de 60 millions d'ouvriers, soit près de la moitié de la population active en URSS. De même il suffirait d'arreter de boire sur le lieu de travail pour que la production industrielle augmente de 10%.


- le complexe militaro-industriel est le seul secteur de l'économie qui se porte bien car il subit la concurrence internationale et est donc toujours pousser à s'améliorer. Le retard technique devient de plus en plus criant au fur et à mesure des années dans les autres secteurs. A la mort de Brejnev à peine 14% des machines outils correspondent aux normes de qualité occidentale et le stock d'ordinateur est évalué à 8000 machines contre 24 millions aux USA.


- l'économie parallèle faite de tricheries administratives, de marché et de travail au noir, de corruption était très dévellopée. Elle concernait aussi bien les citoyens ordinaires (chabachniki, ie travailleurs du dimanche) qui réalisaient au noir des travaux d'entretien et de réparation avec du matériel volé à l'Etat, que les membres de la nomenklatura (la mafia ouzbèque par exemple). Elle représente à peu près le quart du PNB de l'URSS. Certaines entreprises allant même jusqu'à acheter au marché noir les produits qu'elles ne pouvaient obtenir auprès du Gossnab.




 Face à ces problèmes, les dirigeants successifs ont tenté de réformer le système.



Khrouchtchev :

Sous le Vème plan les charges pesant sur les kolkhozes sont allégées et les taxes sur la production des lopins de terre est supprimée. Dans le domaine industriel les objectifs du groupe B (biens de consommations) sont revus à la hausse qui a davantage progressé en 1954 et 1955 que ce qui était prévu mais l'écart reste très très grand avec le groupe A.
Le VIème plan est abandonnée à cause de la réforme de la planification décidée en 1957.

Elle s'oriente vers une décentralisation de la gestion au profit des régions. La planification demeure centralisée, car le Gosplan reste l'unique responsable, mais le nombre de ministères est réduit et leurs pouvoirs en matière d'investissement et d'approvisionnement des entreprises est transféré à des Sovnarkhozes (Conseil de l'économie nationale).
La réforme est un echec,. Le secteur industriel connait la plus forte croissance mondiale derrière seule du Japon (+84% en 7ans). En revanche l'agriculture continue de stagner, voir régresse : en 1965 la production céréalière est inférieure de 10% à celle de 1958. On a même recréé des comités d'Etat spécialisés ressemblant à s'y méprendre aux anciens ministères à partir de 1963 alors que dans le même temps le nombre de régions passaient de 105 à 47.


Brejnev :

Abandon de la réforme de 1957 au profit d'une nouvelle s'articulant sur 3 axes.

- on retourne à une planification concentrée (suppression des sovnharkhozes et reconstitution des anciens ministères).
- suivant les idées d'économistes soviétiques comme Liberman, les nouveaux indicateurs des entreprises deviennent la rentabilité et la production vendue. Les entreprises deviennent à même de financer par elle-même une partie de leurs investissements grâce à leurs profits. C'est dans ce but qu'elles sont regroupées de manières à constituer des unités plus grandes capables de s'autofinancer.
- les ouvriers et les employés sont intéressés aux résultats de l'entreprise de façon individuel par la distribution de prime et collectivement par l'amélioration des équipements sociaux.
- on tente d'introduire ds méthodes modernes de gestion => informatisation et automatisation encouragées.
7000 SAG (système automatisé de gestion) sont mis en place de 1966 à 1982.
Le IXème plan annonce la création d'un système national automatisé (SNA) pour la collecte et le traitement des informations. On tente de recourir à l'informatique pour renforcer la concentration et établir une meilleure planification.

Pourtant la période brejnevienne a été marquée par un ralentissement continue de la croissance, les efforts pour passer d'une économie de type "extensive" héritée de la période Stalinienne à une économie de type "intensive" ont été vains.
En réalité le ralentissement de la croissance est liée aux difficultés de gestion d'une économie de plus en plus complexe dans le cadre d'un système de plus en plus inadapté.
L'apparail du Parti multiplie les obstacles pour éviter que ses privilèges ne soient sacrifiés au profit de l'éfficacité économique. La réforme n'a jamais été appliqué, elle a simplement concerné quelques entreprises pilotes de 1967 à 1970. Par ailleurs le retard de l'URSS dans le domaine informatique et le manque de personnel qualifié n'a pas permis l'informatisation de la planification.

A la mort de Brejnev en 1982, l'économie soviétique est plus que jamais dans l'impasse.


Andropov :

- des mesures sont prises pour rétablir la discipline du travail (controles d'identités, sanctions pour les ouvriers et employés en retard, en état d'ébriété, coupables d'absence injustifiée). Les ouvriers et employés ont désormais le droit de donner leur avis sur les objectifs du Plan et les méthodes de travail.
- une nouvelle expérience de décentralisation économique est tentée en 1984 (l'Experiment) dans 700 entreprises pilotes. Elles déterminent elles-mêmes un certain nombre d'indicateurs, gèrent leurs effectifs et disposent d'une autonomie financière plus grande. Les profits réalisés sont laissés à leur libre utilisation afin d'intéresser les travailleurs aux résultats.


Tchernenko :

- L'experiment est étendu à 6000 entreprises et les travailleurs sont autorisés à avoir deux emplois afin de lutter contre le travail au noir.
Mais le Parti continue à faire obstacle en empechant le fonctionnement autonome des entreprises. In fact, il n'y a pas de volonté reélle de changement.
- on renoue avec les grands projets irréalistes, ex : projet d'extension de la surface agricole de 40 à 50 millions d'hectares en 2000 + grands travaux d'irrigation de 17 millions d'hectares en détournant une partie des eaux de l'Ob et de Lynch vers la mer d'Aral.



Gorbatchev : La perestroïka

- En 1989 les ministères centraux sont supprimés dans l'agriculture, on renforce ainsi l'autonomie des unités de production. La tutelle administrative n'est plus nationale.
L'arrété de mars 1986 prévoit que les rénumérations ne doivent pas progresser plus rapidement que les gains de productivité et on instaure un système de prime et de pénalités pour sanctionner les gaspillages et intéresser les agriculteurs à produire plus. En 1989, le gouvernement décide de payer en devise étrangère les productions céréalières supérieures à la moyenne afin que l'argent servent à l'achat d'équipement occidentaux nécessaire à la modernisation de l'appareil de production.

- En janvier 1988, 60 % des entreprises doivent fonctionner sur la base de l'autofinancement et de l'autonomie comptable. Celles continuant à enregistrer des pertes peuvent être fermées. (en 1986 l'Etat subventionnait les entreprises en déficit à hauteur de 70 milliards de roubles).
Parallèlement un système de replacement et de renforcement des garanties sociales des travailleurs est créé afin de faire face à la montée du chomage provoqué par le besoin de rentabilité des entreprises.
Les salaires sont revalorisés de 30% et hiérarchisés, car le nivellement démotive les travailleurs.

- La Banque d'Etat (Gosbank) perd ses fonctions commerciales qui sont tranférées à cinq banques spécialisées chargées du financement de l'économie.

- le 28 février 1990 la propriété privée est légalisée.
Dans le secteur agricole, l'Etat peut à partir de 1989 louer des terres aux paysans pour une période de 50ans. Ainsi de nouvelles formes d'exploitations privées de la terre se mettent en place comme la ferme familiale (seulement 29000 en 1990) et la coopérative (5% de la main d'oeuvre agricole en 1900).

- on a recourt aux capitaux occidentaux. Le décret de janvier 1987 autorise la création de sociétés mixtes dans lesquelles la part du capital nationale doit être au moins de 51%. Le peu de succès de cette formule a conduit les dirigeants à autoriser les entreprises occidentales à detenir la majorité du capital du l'entreprise puis à partir de juillet 1991 à investir directement en URSS.

- le commerce extérieur se libéralise afin de rentrer dans le marché mondial. A partir d'avril 1989, toutes les entreprises soviétiques peuvent commerce librement avec leurs partenaires étrangers.
L'URSS est admise au FMI au rang d'observateur et le rouble touristique est dévalué de 90%.

- La Glasnot <=> rendre publique quelque chose de connu
On recherche la transparence du régime. Ainsi Gorbatchev fustige publiquement l'ivrognerie et l'indiscipline.
On réecrit l'histoire officielle et on condamne publiquement l'immobilisme de Brejnev et les crimes de Staline dont les victimes sont réhabilités.
Il y a une volonté de démocratisation du régime, les exilés peuvent revenir, les dissidents sont libérés, la culture occidentale n'est plus interdite. On cherche à transformer l'URSS en un "Etat socialiste de droit", l'action du Parti s'inscrit désormais dans "le cadre du processus démocratique en renonçant à tout avantage politique ou juridique".
Le droit de grêve est reconnu en 1989 sauf dans les secteurs clés de l'administration (énergie, hopitaux, transports...).



 Mais comme toutes les précédentes tentatives de réformes, la Perestroïka est un échec.
Les défauts de fonctionnement du système n'ont pas disparu et se sont même aggravés. L'Etat reste le principal client des entreprises (80%) et la qualité des produits est toujours aussi médiocre (15% étaient carrement envoyés au rebut).
La demande n'est toujours pas satisfaite, les soviétiques gagnent plus d'argent mais ne peuvent pas le dépenser et doivent faire la queue devant les magasins.

Les raisons de l'échec sont à rechercher dans la résistance de la nomenklatura menacée dans ses pouvoirs et ses privilèges, par l'hostilité de la population face aux mesures de Gorbatchev dont les mesures ont détruit un ordre économique sans le remplacer, et la montée des revendications nationalistes.




  La conclusion de l'observation de ce demi-siècle de tentatives d'amélioration de l'économie soviétique c'est l'impossibilité, à laquelle se sont confrontés les dirigeants successifs, de planifier l'économie de manière efficiente. Et au fond cela n'est pas surprenant, la réalité est bien trop complexe pour être appréhendée et planifiée par un pouvoir centrale. En fait pour que cela soit efficient il faudrait que l'Etat décentralise au maximum les décisions économiques et les choix d'investissements car ce sont bien les personnes au niveau individuel qui sont les plus au courant de leur situation personnelle et donc les plus à même d'agir en conséquence et de faire les meilleurs choix. Mais ça serait alors un autre système très différent de celui d'une économie planifiée....  
13 novembre 2008 4 13 /11 /novembre /2008 13:11
Eh oui parents, si vous voulez que vos enfants aient une chance de réussir dans la vie, n'écoutez pas Ségolène Royal.
Cette personne qui dans son livre "le ras le bol des bébés zappeurs" écrit que les dessins animés japonais ne sont que :

 « coups, meurtres, têtes arrachées, corps électrocutés, masques répugnants, bêtes horribles, démons rugissants. La peur, la violence, le bruit. Avec une animation minimale. Des scénarios réduits à leur plus simple expression. »


C'est méconnaître le genre, à un point que ça en est effarant pour une personne qui ose pourtant s'exprimer publiquement sur ce sujet. Au jour d'aujourd'hui, alors que vos enfants se passionnent pour la star'ac, la nouvelle star ou autre émission de télé réalité, alors qu'ils regardent quotidiennement des séries télés comme "Sous le Soleil" et qu'ils écoutent les dernières chansons à la mode du star system de M.Pokora ou de Diam's, vous feriez bien mieux de les initier au manga japonais, ou plutôt au monde des animés japonais.

En effet les valeurs qu'ils véhiculent seront bien plus utiles à vos enfants que la superficialité et la miévrerie profonde qui ressortent des médias s'adressant à vos chérubins et adolescents.


Deux définitions pour commencer.

Manga : (漫画 ou まんが) désigne en japonais les bandes dessinées en général

Animé : désigne en français les films et séries d'animations japonaises

La plupart des animés sont des adaptations en dessins animés des mangas qui ont du succès. Tout le monde connait Dragon Ball Z et Les Chevaliers du Zodiaque (Saint Seiya), ce sont des mangas qui ont été adaptés en animés.



Prenons exemple sur l'anime le plus connu du moment, Naruto
.

          Uzumaki Naruto, c'est le blond aux yeux bleus du milieu, il vit dans un village de Ninjas, il a 12-13 ans et est orphelin. Depuis qu'il est tout petit, tout le monde le  déteste et a peur de lui car un démon a été scellé dans son corps.

         L'originalité de Naruto, c'est que là où n'importe qui aurait accusé la société entière de son malheur et aurait cherché à se venger de cette injustice, son but ultime est de devenir le chef du village. Devenir le chef du village, c'est la récompense ultime pour celui à qui tout le monde fait confiance pour les protéger. Il n'a qu'une envie, c'est prouver à tous qu'ils ont tort, leur montrer qu'ils peuvent lui faire confiance et il ne renoncera jamais jusqu'à ce qu'il atteigne ce but. C'est une attitude totalement positive, au lieu de blâmer le destin ou l'injustice, agissez pour le changer. Et son attitude va lui permettre de se faire des amis, d'être reconnu grâce à ses actes.

Bien sûr ce n'est pas évident mais Naruto ne renoncera jamais à atteindre son rêve, et nous arrivons à un point que je qualifierais d'essentiel dans la culture manga japonaise, le combat contre l'adversité.

La volonté des héros des mangas japonais est leur qualité essentiel. Pour devenir chef du village, Naruto doit devenir le meilleur ninja du village, or il est tout sauf doué pour ça. De nombreux combats durant le manga vont opposer l'inné à l'acquis, le génie qui est naturellement doué pour le combat, au travailleur qui sans talent tente de rivaliser.
Et c'est un point très important, le message est clair, avec la volonté et le courage, on peut arriver à tout, avec de l'entrainement, on peut surpasser les génies car le travail finit toujours par payer. Le meilleur exemple dans le manga est le personnage de Rock Lee, un enfant sans aucune capacité ninja qui à force de travail et d'abnégation est parvenu à se hisser au niveau des meilleurs.

Cette caractéristique de ne jamais abandonner, de toujours se relever, est le point commun essentiel entre tous les héros des shonens (mangas pour adolescents).
- dans Saint Seiya (les chevaliers du Zodiaque), Seiya, par la force de sa volonté, arrive toujours à se relever et finit toujours par l'emporter
- dans Dragon Ball, la principale caractéristique qui fait de Sangoku le guerrier qu'il devient, c'est le courage, la volonté qu'il a de ne jamais renoncer ou abandonner
- dans Bleach, Ichigo se relevera toujours pour défendre ses amis en dépit du nombre de coups qu'il a pu prendre

Les exemples ne manquent pas.


Et c'est ce qui fait toute la beauté des mangas, ces histoires où les amis sont défendus corps et âmes par les protagonistes, où à force de volonté et de travail, le héros finit par atteindre ces buts et à triompher du mal, ces histoires sont des exemples à suivre et à poursuivre pour tous, petits et grands.



Je ms suis ici attacher à l'aspect qui me semblait le plus important, mais d'autres particularités des mangas mériteraient aussi de plus amples développements, les liens d'amitiés qui se tissent pour la vie,  le fait que les méchants ne soient que très rarement réellement méchants (tout s'explique toujours par des traumatismes antérieurs, la modestie (les personnages les plus forts semblent toujours inoffensifs) ect...



          Pour conclure, sous ses apparences de dessins animés, l'anime japonais recèle de nombreux thèmes très profonds et très réfléchis tournant autour des relations sociales, du déterminisme, des valeurs qui permettent de réussir, et vos enfants auraient tout intérêt à s'en inspirer. La volonté et le courage des personnages de mangas, le surpassement de soi pour défendre le bien, sont des exemples bénéfiques pour tous. Personnellement, je m'en inspire tous les jours. (ho le gros freak ^-^)




Ps : Il est à noter que je n'ai parlé ici que de shonens (mangas pour adolescents) qui constituent seulement une partie du monde du manga. D'autres animes tels que Death Note ou Code Geass abordent bien d'autres thèmes philosophiques et contiennent des reflexions vraiment intéressantes sur la vie, la morale, la justice et la mort.

Ps : Les traductions françaises ont une facheuse tendance à donner un aspect irréalistiquement naïf, c'est le cas de Naruto par exemple. Rien de vaut en animé en version originale avec des sous-titres.

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