Lundi 8 juin 2009
De 18,5% au premier tour de la présidentielle à un peu moins de 9% lors de ces élections européennes le score du parti dirigé par François.Bayrou a fait une descente vertigineuse en peu de temps, perdant 6% dans la dernière semaine de camapgne.
Pourtant tout était bien parti, avec le lancement réussi de son livre à succès (et d'ailleurs vraiment intéressant à lire) "Abus de Pouvoir", plus de 80 000 exemplaires vendus en moins de deux semaines, et une forte présence médiatique. Mais contrairement aux dernières élections présidentielles la dynamique ne s'est pas maintenue et n'a, pour ainsi dire, même pas vraiment existée.

Alors que l'excuse de la diffusion du film "Home" se fait de plus entendre, elle est effectivement très commode, elle n'explique en rien le pourquoi de la descente du score du Modem lors des deux dernières semaines. Il s'agit en réalité d'une conjonction de facteurs et d'erreurs dont la clé de voûte est Internet.
Nous allons donc voir dans cet article en quoi F.Bayrou n'a visiblement pas compris l'engouement qu'il y a eu derrière sa candidature en 2007 et de quel façon il s'est, cette fois-ci, retrouvé pris au piège des médias et des autres partis sans pouvoir se défendre.



1) Internet représente une force politique

F.Bayrou n'a de cesse de dénoncer, à juste titre, la collusion entre les grands médias et le pouvoir actuel. Radios, Presse, Télévision font partis pour les 3/4 de grands groupes industriels ou financiers dont les directeurs et actionnaires sont très proches du pouvoir en place.

Un média résiste pourtant encore et toujours à l'envahisseur, et ce média c'est Internet. Internet échappe (pour l'instant...) à tout contrôle d'une quelconque puissance politique, il permet l'expression et la visibilité d'une diversité d'opinions qui n'accèderaient jamais à une tribune dans les autres médias. Evidemment il y a des inconvénients, on peut le voir avec la multiplication des sites extrémistes, des théories complotistes ect.... mais Internet permet aux citoyens de se réapproprier le débat politique et de court circuiter les acteurs habituels du milieu qui perdent chaque jour de plus en plus de crédibilité aux yeux des internautes.

Grâce à sa démocratisation, Internet est sorti du milieu des passionés de l'informatique pour devenir un outil courant d'information et de communication. Internet a aujourd'hui un réel poid politique. Toute la dynamique de la campagne du "non" à la constitution européenne vient de ce média. L'exemple le plus frappant est la diffusion du texte d'Etienne Chouard qui a fait le tour du web et ensuite de la France. C'est aussi de ce média qu'est venu la dynamique de la campagne du Modem lors des dernières présidentielles. Car Internet a beau être un média où les opinions les plus diverses peuvent s'exprimer, un certain nombre de valeurs rassemblent fortement les internautes et dépassent les clivages politiques. Ceci est très visible avec la formidable progression du Parti Pirate en Suède qui est devenu la troisième force politique du pays et la première parmi les 18-25 ans !

De part son fonctionnement, Internet est déjà à la base un média contestataire. Les internautes sont fortement attachés à leurs droits, au respect de leur vie privée... bref à toutes les spécificités qui font d'Internet un espace médiatique passionant et aux possibilités encore inexplorées pour tout ce qui touche à la démocratie participative.
De part leur fonctionnement, les communautés des internautes priviligient le débat de fond sur les idées plutôt que les empoignades superficielles des débats radios ou télévisuels.

La campagne de F.Bayrou durant les présidentielles a trouvé un très fort écho auprès des internautes, son engagement pour la défense des libertés numériques à l'heure de la loi DADVSI l'ont rendu populaire, son programme bien moins archaïque que ses concurrents au niveau des nouvelles technologies a trouvé de nombreux soutiens sur la Toile, enfin le dépassement voulu des clivages politiques et la volonté de privliigier le fond à la forme a été soutenue par de nombreux internautes. F.Bayrou n'avait l'appui d'aucun média traditionnel, mais il faisait le buzz sur Internet et avait grâce à ça une très importante visibilité.


2) Le tournant de la loi Hadopi

Quoi de plus normal pour les internautes, en ces temps où notre gouvernement cherche à mettre la main sur Internet par des lois posant les bases d'un filtrage du web, que de penser voir F.Bayrou et son parti se poser en ardants défenseurs des libertés des internautes ? La loi Hadopi était, de plus, ll'illustration parfaite de ce qu'il dénonçait dans son livre "Abus de pouvoir". Et bien rien, nada, en pleine tournée de promotion pour son livre, il n'a jamais abordé ce sujet.

Nous avons seulement eu finalement droit à une prise de position extrémement tardive, au moment où il n'y avait plus aucun risque tellement il était évident que les français étaient opposés à cette loi. Le Modem a extrémèmement deçu les internautes et a perdu son rang de parti "in" en ce qui concernait les nouvelles technologies.

Dans le même temps, au parlement européen Daniel Cohn-Bendit était le co-signataire de l'amendement "Bono" (dans le paquet télécom) qui reconnait Internet comme un droit fondamental et rend donc de facto sa coupure, façon Hadopi, illégale au regard du droit européen. Ceci n'a pas fait la "une" des journaux ni les gros titres, et pourtant les internautes sont bien au courant et promettent de se rappeler le moment venu qui les a défendu qui les a lachés. F.Bayrou perd ainsi l'appui de ce média, au profit de la liste que va mener Cohn-Bendit, "Europe-Ecologie". Dès lors son impact sur l'opinion disparait.


3) Le mauvais ciblage de l'électorat

F.Bayrou l'a souvent répété durant cette campagne, il voit un mouvement de la France profonde, de la France rurale... bref du petit peuple, attaché aux valeurs républicaines et jacobines contre le bling -bling néolibéral de la droite décomplexé au pouvoir. Pourquoi pas après tout.

Déjà il y a fort à parier que cette France ne vote pas, ou alors très peu, aux Européennes, mais c'est surtout se tromper sur ce qui faisait la force de son mouvement. Les statistiques de l'ifop le prouvent :
 http://www.ifop.com/europe/analyses/UDFModem.pdf

L'électorat du modem se rajeunit et s'urbanise largement. Ce n'est pas un hasard, ce sont ces électeurs qui ont été attirés par le discours des présidentielles à la fois sur la politique, sur l'écologie et le numérique. Tous ces internautes qui voyaient en ce parti la possibilité de sortir du débat archaïque gauche/droite et d'avoir des argumentaires politiques plus approfondis.

Hors il n'en est rien resté durant cette campagne. On attendait de Bayrou qu'il continue dans cette voie, qu'il ait un débat de fond, qu'il propose, argumente. Il est resté volontairement plus porté sur la critique en voulant jouer sur l'anti-Sarkosysme .Erreur, ce n'était pas du tout les attentes de son électorat et c'est finalement "Europe-Ecologie" qui a fait la campagne qu'on attendait qu'il fasse.



4) Le "lynchage" médiatique

F.Bayrou était l'homme à abattre pendant cette campagne, pour l'UMP, c'est le plus gros risque aux prochaines élections présidentielles car s'il arrive à se glisser à un deuxième tour, il est quasiment certain de l'emporter. Pour le PS, plus il existe, plus il leur pique des voix, pour Europe-Ecologie, c'est dans ses électeurs qu'ils peuvent récupérer le plus de voix. Ayant perdu une bonne parti de son soutien sur Internet, il était à la merci du moindre faux pas et il ne l'ont pas loupé.

Lors du "débat" (les guillemets sont importants) télévisé sur France Télévision diffusé jeudi soir, le buzz se fait dès l'après-midi. Bayrou aurait craqué, se serait laché et aurait insulté Cohn-Bendit de pédophile, ça aurait chauffé entre les deux et il serait parti en vrille.

Ce sera la principal moment du débat, le point fort qui fera la une de tous les journaux jusqu'au dimanche, la grosse polémique de cette fin de campagne. L"UMP se dit dégouté, le PS qualifie le niveau de minable... bref c'est la fête et on se fait plaisir, tu parles l'occasion est trop bonne.
Un tel emballement médiatique, un telle exagération des faits, occultant dans les médias tout le reste du débat... F.Bayrou a effectivement craqué, il a fait un hors sujet et on ne l'a pas raté.






Reste maintenant à savoir si le Modem sera capable de tirer les véritables leçons de cet échec et vers quel orientation politique ce parti se dirigera notamment vis-à-vis des nouvelles technologies. Les attentes des internautes sont grandes vis-à-vis de leurs revendications politiques naissantes et le parti qui les défendra sans opportunisme politique s'assurera une assise médiatique auprès d'un média de plus en plus influent notamment dans les plus jeunes générations. Les blogueurs, les journalistes citoyens, les forums sont devenus de véritables réseaux d'influences, des leaders d'opinions, et prendront, je l'espère, encore plus d'importance dans l'espace politique futur car ils sont par nature incontrolâbles et porteurs d'idées nouvelles.

Internet est le média du peuple, par le peuple et pour le peuple, et il le restera.
Par Starkadr - Publié dans : Actualités
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Mercredi 18 février 2009
Pourquoi faire un article sur la méthode hypercritique ? Tout simplement parce que c'est le type d'argumentaire le plus répandu sur Internet sur les sujets traitant des complots. C'est un procédé argumentaire permettant de tordre la logique et la rationalité dans le sens que l'on souhaite.

Dans méthode hypercritique, il y a "hypercritique", terme qui signifie bien ce qu'il veut dire, c'est à dire que le principe de la méthode hypercrtique est de prendre une théorie et d'en critiquer les détails peu importants en occultant l'essentiel et les preuves les plus importantes. Le but est d'arriver au schéma suivant :

- certains détails sont peu clairs, pas vraisemblables, à l'encontre du bon sens, voir contraditoires
- c'est "troublant"
- donc toute l'explication est fausse
- donc ceci réfute l'explication

La méthode hypercritique est une grande source de pollution et débats sans fin sur les forums internet car elle force à se focaliser sur une explication longue et fastidieuse de détails dont tout le monde se contrefous et noie la discussion sous un flot d'affirmations et de questions auquel il est très long et quasi-impossible de répondre de manière exhaustive.

Elle a été fortement répandue par les négationnistes afin de nier l'existence des camps d'exterminations nazis. L'un des exemples les plus frappants du fait qu'elle permet d'affirmer n'importe quoi est disponible ici >>> link  où l'auteur démontre avec brio et logique que le débarquement en Normandie était tout simplement impossible.

On retrouve la même chose à quelques différences près sur le 11 Septembre : il est impossible qu'une bande de barbus armés de cutters et ayant appris à piloter sur Flight Simulator soient capable de détourner des avions et de les crasher sur des cibles définies. Et pourtant, comme pour le débarquement,  la faible probailité supposée de la chose, est probablement  une des raisons qui ont permis de le faire.
Vous retrouverez d'ailleurs l'utilisation de ce procédé argumentaire sur tous les sujets traitant de complots, normal. Le 11 septembre étant un exemple à la littérature répandue et regorgeant de raisonnements hypercritiques.

Les utilisateurs de la méthode hypercritique se cache derrière l'utilisation de la pensée critique. Mais c'est une utilisation totalement abusive du bon sens (qui n'a d'ailleurs qu'une valeur relative de raisonnement comme je l'expliquais dans mon premier article Du bon usage d'Internet) et du doute cartésien. Et ce, d'autant plus que les utilisateurs de cette méthode ne l'applique que dans le sens qui les arrange et jamais vis-à-vis des théories qu'ils défendent.
Par Bahal - Publié dans : Complot
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Mardi 6 janvier 2009
Internet et les geeks ont leur propre culture et leurs références, les lolcatz en sont un bon exemple mignon et hilarant.
Un lolcat est une image d'un chat agrémenté d'une phrase commentaire écrite avec l'accent chat et à portée humoristique.

Tout repose sur le décalage ('cule un mouton pour les connaisseurs) entre l'image du chat et la légende lui portant des pensées humaines et sournoises (c'est toujours sournois et intéressé un chat).

Le phénomène lolcat a pris de l'ampleur à partir de l'année 2007, le premier lolcat historiquement reconnu est resté fameux pour son "I CAN HAS CHEEZBURGER" et daterait de 2005.



Aujourd'hui une multitude d'images existe, on y retrouve beaucoup d'humour anglais et des zimages très zolies de chats dans toutes les situations et faisant de nombreuses références assez geeks en général.























































En conclusion ? Euh pas grand chose, les lolcatz c'est drôze (et pas moi).
Par Bahal - Publié dans : Internet
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Jeudi 18 décembre 2008
L'actualité de ces derniers mois est riche en scandales financiers et pour ne pas s'arreter en si bon chemin, le dernier en date restera dans les annales en faisant passer Jerôme Kerviel au rang de petite bite. Bernard Madoff, lui, a vu les choses en grand et a réussi à faire perdre pas moins de 50 miliards de dollars, rien que ça, excusez du peu.




Mais qui est donc ce Madoff ?


Homme d'affaire américain connu et reconnu dans le milieu, il dirige l'une des princiaples sociétés d'investissement de Wall Street, Madoff Investment Securities LLC. Il a notamment en plus de cela était le pdg du Nasdaq dans le passé. Bref, c'est l'un des géants de la finance américaine et il est l'auteur de ce qui est probablement la plus vaste fraude jamais orchestrée par un seul homme.




En quoi consistait l'arnaque ?


C'est peut-être le pire dans l'histoire, le système d'arnaque est le plus simple possible et est extrémement connu, c'est un simple système pyramidale où les entrants payent pour rentrer dans la pyramide et leur argent sert à payer les "anciens". La démonstration mathématiques de la non-viabilité d'un tel système est d'ailleurs disponible sur wikipédia.


Le système de Ponzi (du nom de l'escroc américain qui l'a inventé) utilise le système pyramidale dans le domaine financier. Le droite d'entrer est tourné de façon à être vu comme un investissement et les retributions ou retour sur investissement, se font grâce à l'argent des nouveaux entrants.
C'est ce simple système que Madoff a mis en place. Avec la crise financière, les investisseurs ont commencé à vouloir retirer leur argent... C'est là que toute la pyramide s'effondre puisqu'il n'y a plus d'argent et qu'il ne peut donc faire face aux besoins de remboursement. Au total, on estime pour l'instant à 50 milliards l'argent fictif que le fond de Madoff détenait.


La liste des acteurs financiers qui se sont laisser berner par un système d'arnaque aussi simple fait peur à voir.

  • Fairfield Greenwich Advisors, $7.50 Milliards
  • Tremont Capital Management, $3.30 Milliards
  • Banco Santander, $2.87 Milliards
  • Bank Medici, $2.10 Milliards
  • Ascot Partners, $1.80 Milliard
  • Access International Advisors, $1.40 Milliard
  • Fortis, $1.35 Milliard
  • HSBC, $1.00 Milliard


Du coté des banques françaises, un peu moins exposées, c'est la Caisse d'Epargne et la BNP qui vont perdre le plus avec des expositions de 450 et de 500 millions d'euros. Le Crédit Agricole et la Société Générale s'en sortent mieux avec des pertes autour de 10 millions d'euros.


La Société Générale fait cette fois-ci figure de bon élève avec cette petite histoire (on passera sur le fait que 10 millions c'est déjà beaucoup ^-^).


En 2003, sur le point de racheter un protefeuille de produits structurés gérés par le fond de Madoff, les experts de la Soéciété Générale envoyés au siège de la société de l'investisseur afin d'évaluer la straégie de gestion étaient revenus formels sur le fait que les chiffres ne collaient pas et qu'ils n'arrivaient pas à expliquer les performances du fond. La banque avait alors placée Madoff sur sa liste noire d'investissement et c'est la BNP qui a racheté le portefeuille de produits structurés.



La question bonus aujourd'hui c'est que si Bernard Madoff, financier à la réputation plus que reconnue, a mis en place une telle arnaque et a réussi à berner la SEC pendant tant d'années, combien d'autres l'ont aussi fait ? Parce qu'on est pas au pays des bisnounours là, alors certes il a probablement profité de sa réputation, mais il est illusoire de penser qu'il s'agisse du seul fond spéculatif où l'argent est devenu totalement fictif.
Qui peut maintenant avoir confiance dans un hedge funds ?

Wait and see.
Par Bahal - Publié dans : Actualités
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Lundi 8 décembre 2008
Barack Obama, qui prendra prochainement ses fonctions de Président de la première puissance mondiale a declaré récemment concernant les réformes qu'il entendait mettre en oeuvre :


"Les banques, les agences de notation, les courtiers en crédit immobilier et toute une série d'acteurs devront rendre des comptes et se comporter de manière plus responsable".


Ceci laisse donc espérer quelques changements et améliorations dans l'organisation du système financier. Mais quelles pourront être les mesures concrètes qui pourraient empêcher le système financier de subir le même genre de crise que celle qui se produit actuellement ?




1) Réformer les agences de notations

Elles font la pluie et le beau temps sur les marchés en notant les titres financiers, les entreprises, les Etats... en fonction du risque qu'ils représentent. Le problème est qu'actuellement ce sont les entreprises qui paient pour qu'on note leurs titres (ou autres). Il y a donc un conflit d'intérêt évident qui va à l'encontre du principe de transparence. La meilleure preuve en est que les subprimes ont reçu de très bonnes notations par incompétence, incapacité et probablement corruption.

La solution idéale serait que ces notations soient dans le futur le fait d'un organisme international indépendant économiquement afin que les notations soient le plus possible en adéquation avec le risque. Mais il ne faut pas rêver et on va surement s'acheminer vers un plus grand contrôle de ces agences qui resteront privées.



2) Encadrer les marchés de produits dérivés

deux termes importants :
CDO (Collateralised Debt Obligation) :
Il s'agit de titres de dettes qui permettent aux banques de se défaire (théoriquement) du risque associé à la dette en le revendant sur les marchés financiers. Ce phénomène de titrisation s'est particulièrement développé ces 20 dernières années et les grosses pertes des subprimes se retrouvent majoritairement la-dedans.

CDS (Crédit Default Swap) :
Il s'agit d'une sorte de contrat d'assurance qui permet de se défaire du risque. L'acheteur verse chaque année une certaine somme tandis que le vendeur s'engage à rembourser l'actif de référence en cas de défaut de crédit. Les vendeurs, dans le soucis de se faire le maximum d'argent ont assuré le plus d'actifs possibles écartant l'éventualité qu'une crise aussi importante que les subprimes puissent arriver. Les expositions en CDS sont tellement importantes que si un établissement bancaire fait faillite, il peut entrainer tout le reste du système financier dans sa suite. (d'où la nécessité honteuse de devoir socialiser les pertes)

Les marchés de produits dérivés sont majoritairement OTC (over-the-counter) c'est à dire de gré à gré. Ils sont tellement opaques et complexes que deux mois après la faillite de Lehman Brothers on ne peut toujours pas tirer un bilan de qui a perdu quoi de façon certaine.

Voici un petit graphique qui montre à quel point ces marchés se sont fortement développés récemment et sans aucun contrôle.



La solution idéale serait que l'ensemble des marchés dérivés se fassent sur des marchés organisés institutionnels où les Etats pourront appliquer de manière stricte des contrôles afin de garantir la transparence des échanges et révéler les prises de risque démesurées ainsi que les spéculations trop importantes.



3) Supprimer les paradis fiscaux

Un paradis fiscal est une sangsue dans la finance mondiale, pire encore, la déréglementation qui y règne permet d'y faire toutes les bidouilles comptables et financières voulues en se foutant allegrèement de la réglementation des Etats. Alors certes ces petits Etats vont y perdre de leur niveau de vie mais c'est quand même notre argent quoi ^-^
La condition sine qua none à l'établissement de nouvelles réglementations financières et la disparition des paradis fiscaux ou au moins un important durcissement de la législation à leur encontre.

Cet autre petit graphique tiré d'Alternatives Economiques est lui aussi très révélateur.




Il y a aurait encore bien sûr de nombreux autres points à améliorer comme la régulation des hedge funds ou encore les habitudes de rénumération mais ces trois points me semblent essentiels.


Alan Greespan (président de la FED de 1987 à 2006) a lui-même reconnu qu'il avait eu tort en ne voulant pas réguler les CDS et en pensant que les établissements financiers seraient assez préocuppés par leur survie pour ne pas faire n'importe quoi. Avec le discours de Nicolas Sarkozy sur le refondement de la finance mondiale, Gordon Brown qui a ravalé son chapeau et sa cravate en venant au secours du système financier britannique et Barack Obama qui semble être plein de bonnes volontés sur le sujet, on peut espérer voir des changements assez profonds dans un futur proche.

Si le statut quo prédomine, il est probable que je commence à voter encore plus à gauche qu'actuellement.
Par Bahal - Publié dans : Actualités
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