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Un cription ça va, description bonjour les dégâts

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Immortalité du Moi

Ici, je ne vais pas traiter du Moi tel qu'il est défini dans la théorie Freudienne, par "Moi" je désigne simplement moi, en tant qu'être pensant. Il s'agit donc plutot de partir du Cogito de Descartes "Je pense donc je suis", seule vérité philosophique irréfutable. "Je", j'existe puisque je peux le penser mais voyons plus précisement ce qui définit "moi".

"Moi", en tant qu'être singulier différent du reste du monde regroupe un ensemble de traits, de caractéristiques, de souvenirs, d'expériences qui font que je sache que "moi" c'est moi et que j'existe en ce monde.


Pour commencer, prenons l'hypothèse de l'existence de l'âme et de la réincarnation. Quand je meurs, mon âme (mon esprit, ou autres dénominations) va se réincarner. Certains y voient là une forme d'immortalité, nous serions immortels parce que notre âme continuerait d'exister après la mort. C'est faux, âme ou pas, si je suis la réincarnation de quelqu'un, je ne connais strictement rien de lui, je ne suis donc pas lui, il est mort, et moi j'existe car ce qui me définit et qui me donne conscience d'être moi, c'est l'ensemble de mes expériences et de mes souvenirs.

Imaginons que que je perde la mémoire, dans cette hypothèse, je ne pourrais être moi, je serais le même corps ect... mais pas la même personne. Ce nouveau personnage sans aucun souvenir va se construire avec ses propres expériences, ses propres souvenirs dans ce nouveau monde qu'il découvre, et il disparaitra au moment où je retrouverais la mémoire.
Ainsi mon "moi" meurt à l'instant où j'oublie mes souvenirs et expériences, faisant place à un autre moi qui n'aura pas l'ombre de la conscience que le moi d'avant n'existe plus. Se réincarner revient à mourir, nos souvenirs étant inscrits dans nos systèmes neuronaux, la survie de l'âme après la mort ne changera rien quand à la mortalité du moi car l'âme n'aura plus aucun souvenir.

Comme exemple, je peux me référer au livre de Philip José Farmer : "le Fleuve de l'Eternité". Pour résumer rapidement, l'humanité tout entière se trouve ressucitée le long d'un grand fleuve dans un nouveau monde. L'un des personnages arrive au bout de quelques temps au raisonnement suivant. Son corps sur Terre est enterré et décomposé, de plus s'il a les souvenirs de ce corps, il n'en reste pas moins qu'il est bel et bien mort et que "lui", ici en ce monde, n'est finalement qu'une copie de l'original, une nouvelle personne, différente.

Ainsi le raisonnement marche dans les deux sens, quand mon corps physique meurt, mon "moi" meurt obligatoirement. Qu'on reconstruise mon corps à l'identique ou pas, que l'âme existe ou pas, mon "moi" ne peut être immortel.

Mais une fois qu'on en arrive à cette conclusion, il devient difficile de comprendre ce que peut représenter le fait d'être conscient d'exister. Descartes, dans sa démonstration de l'existence de l'âme marque un point en disant que de la naissance à l'âge adulte, notre corps change profondement, nos souvenirs, nos expériences sont en perpétuelles évolutions... et pourtant nous avons toujours conscience d'être la même personne, le même "moi" tout le long de notre vie. Mon "je" se transforme à chaque instant, je meurs à chaque seconde.


Une autre conclusion s'impose alors :
- soit il existe bien quelque chose, différencié par rapport au corps physique et qui permet cette unicité du "moi" dans le temps
- soit le fait de penser et de croire que j'existe n'est qu'une illusion et une simple action de notre cerveau qui nous fait croire que nous pensons et réflechissons

Je penche plutôt pour la deuxième.

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